Michel Bussi : un auteur de roman populaire

Le roman populaire, pour moi, doit se rapprocher des ressorts d’une chanson populaire. Une mélodie harmonieuse, très accessible (mon histoire à rebondissements, en quelque sorte, est « ma mélodie »), et des paroles qui apportent une dimension émotionnelle universelle. Des mots simples mais justes qui parlent à tous. Une sorte d’épure, où l’artiste cherche à atteindre une « évidence » qui lui permet de toucher à l’universel. Je pense à Brassens, Cabrel, Souchon…  Par exemple, la chanson de Renaud, Mistral gagnant (j’y fais référence dans Maman a tort et Le Temps est assassin), aux paroles touchantes sur la relation père-fille, fonctionne aussi car la mélodie est particulièrement efficace.



Cette mélodie simple, cette écriture simple, ne l’est bien sûr qu’en apparence ! Atteindre cette apparente simplicité est selon moi ce qu’il y a de plus difficile. Il faut savoir parler à tous, donner l’impression d’entrer dans la vie de chacun. Que pour le lecteur il y ait une évidence, qu’il partage ces émotions universelles telles que l’amour, la vengeance, ou la quête d’identité comme dans Un avion sans elle. J’essaie de travailler cet équilibre entre style, intrigue et émotion pour y arriver. J’ai toujours pensé que les artistes les plus géniaux, ceux que j’admire le plus, étaient ceux capables d’émouvoir le plus grand nombre en parvenant à cette épure universelle. Cette évidence magique. Celle qui traverse les classes sociales, à l’opposé de toute forme d’élitisme."