Michel Bussi et la nouvelle

t'en souviens-tu mon Anaïs ?

Interview de Michel Bussi à l'occasion de la parution du recueil de nouvelles T’en souviens-tu mon Anaïs ? chez Pocket.

-          Qu’aimez-vous dans l’exercice de la nouvelle ?

 C’est l’idée que tout (l’histoire, les personnages, l’intrigue) sert à aboutir à la chute, à la conclusion. Il n’y a pas d’intrigues secondaires, tout est plus concentré, plus précis, plus tendu vers un but. C’est un vrai exercice de style de ce point de vue. C’est un peu comme une aquarelle, il faut peindre rapidement les choses, pour provoquer une émotion immédiate et forte.

-          Y a-t-il une nouvelle en particulier que vous avez lue et aimée ?

La Parure et La Ficelle de Maupassant, parmi les classiques, mais je peux citer aussi Les Huit Coups de l’horloge de Maurice Leblanc.

-          Pourquoi avoir souhaité « faire revivre » Christos et Aja, personnages de Ne lâche pas ma main, pour la nouvelle Une fugue au paradis ?

On me demande souvent pourquoi je n’ai pas de personnages récurrents. Or Christos et Aja sont les seuls policiers pas trop abîmés à la fin d’un de mes romans que je pouvais « faire revivre » pour une nouvelle enquête. Le format d’une nouvelle se prêtait bien à un tel clin d’œil… Ainsi, j'ai moi aussi mes flics « presque récurrents » ! C’est aussi un cadeau à cette si belle île de La Réunion.

-          Est-ce facile d’évoquer le thème de l’amitié dans le cadre d’une nouvelle ?

En effet, pour le projet 13 à table, ce n’était pas facile d’écrire quelque chose d’original dans le format de la nouvelle. J’ai eu l’idée d’utiliser la forme épistolaire pour montrer de manière plus directe les rapports humains de mes deux personnages du bout du monde. En règle générale, le format de la nouvelle permet de mettre en scène soit le profil psychologique d'un narrateur (Ariane dans T’en souviens-tu, mon Anaïs ?), jusqu'à une forme de folie ou de névrose, soit un rapport très théâtral entre deux personnages (comme dans L’Armoire normande ou Vie de grenier).