Le travail d’écriture

Comment Michel Bussi travaille-t-il ?

"J’ai dans mes tiroirs des squelettes d’intrigues. Une idée, un point de départ, le pitch du suspense. Il me faut le déclic et, un jour, un élément que je peux insérer dans cette trame va permettre à l’histoire de démarrer. C’est un peu magique, tout un travail souterrain s’opère presque inconsciemment. Pour Le Temps est assassin, j’ai gardé environ six ans ce « squelette » en tête. il me fallait un biais pour relier le passé et le présent, et le fait que Clotilde revienne vingt-sept ans après le drame sur les lieux, mère à son tour d’une adolescente, a donné le fil romanesque, le tour plus psychologique : les relations mère-fille sont d’ailleurs un thème central du livre. Je travaille ensuite dans ma tête l’histoire avec minutie, pour que les pistes, la mécanique, le rythme, le twist, mais aussi la psychologie des personnages, la cohérence de leurs réactions, soient impeccables, avant de commencer l’écriture. Je suis assez têtu, je sais ce que je veux et quel est le résultat que je dois obtenir. Avec quels mots. Les images de l’intrigue que j’ai bâtie, son atmosphère, sa « couleur », globale et dans tous ses détails, sont dans ma tête et longuement ruminées. Il y a une forme d’intuition et d’évidence quand j’écris.

Généralement j’ai un groupe d’amis à qui je fais lire mon manuscrit avant de le donner à mon éditeur pour voir de quelle manière ils réagissent. Je me concentre principalement sur les corrections de forme, puisqu’au fond chacun peut se raconter différemment l’histoire, apprécier ou non un personnage. Ce n’est que si l’intrigue apparaît trop compliquée pour mes relecteurs, ou au contraire trop prévisible, que j’ajuste. L’enjeu reste d’atteindre cette forme d’addiction au roman.

Un jour je me lancerai sans doute dans d’autres « genres », la SF par exemple, ou l’écriture pour la jeunesse, mais avec le même souci de nourrir le roman de manière qu’en sous-texte, le lecteur y trouve une résonance avec sa vie."

En mars 2013, Michel Bussi évoquait déjà sa façon de travailler ses romans.

Et plus tôt encore, en avril 2012.